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Tests : LCD 26 et 27 pouces, Acer et Dell
par Vincent Alzieu
Publié le 28 Février 2007

Rendu des couleurs
Le rendu des couleurs est mesuré avec le colorimètre LaCie BlueEye Pro, en fait un colorimètre Gretag couplé avec une suite logicielle développée par LaCie.

Pour rappel, nous en tirons notamment une valeur nommée DeltaE, représentante de l’écart entre la couleur affichée et celle mesurée. Plus DeltaE est grand, moins l’écran est fidèle. Voici plus précisément comment interpréter les graphiques ci-dessous :
- Delta E > 3 : la couleur demandée diffère sensiblement de celle affichée.
- 2 < Delta E < 3 : le rendu des couleurs est satisfaisant (mais un graphiste y trouverait à redire)
- 1 < Delta E < 2 : le rendu des couleurs est fidèle.
- Delta E < 1 : c’est parfait.

A chaque fois sont étudiés 18 patchs de couleurs, 16 résultats sont rapportés dans les graphiques.

PVA 5 ms : Acer AL2616W

PVA 6 ms : Dell 2707WFP

Soit concrètement sur les gris :

PVA 5 ms : Acer AL2616W

PVA 6 ms : Dell 2707WFP

Alors que la tendance est aux écrans pré-calibrés, on l'a vu encore récemment sur les dernières séries de moniteurs Samsung (en plus petites diagonales), ces deux moniteurs "grand luxe" sont – il faut l'avouer – assez mal réglés. Aucun, et surtout pas l'Acer, ne peut être utilisé tel quel par un professionnel de l'image.

Chez Acer les écarts sont tels qu'il faut impérativement calibrer le moniteur. Chez Dell c'est moins grave, un premier passage par un réglage chaud limite déjà considérablement la casse en rééquilibrant les dominantes. On revient alors à une température de couleur avoisinant les 6500 Kelvin sur l'ensemble des gris.

Calibrés ou non, la vraie bonne surprise fut l'étude du gamut de ces moniteurs :

PVA 5 ms : Acer AL2616W

PVA 6 ms : Dell 2707WFP

Ni l'un, ni l'autre ne s'en vantent ouvertement (pour le Dell, on le lit toutefois quand on plonge dans les documentations anglaises du moniteur), pourtant les deux sont des écrans wide gamut. Comprenez qu'ils distinguent des nuances invisibles sur les écrans classiques, LCD ou tube. Eux affichent encore des dégradés là où les autres, dans les bleus et les verts surtout (ainsi que dans les composés des deux) ne voient que des aplats.

L'intérêt ? Pour un particulier, nul.
C'est même presque négatif. Ce rendu diffère tellement de celui des autres écrans qu'il en perd un côté qu'on peut estimer naturel. C'est mieux sous la sonde, mais cela perturbe l'oeil formaté par des années d'affichage classique.

Pour les professionnels en revanche c'est pratique, pour ne pas dire que ça risque de devenir indispensable en un temps record. Les reflex proposent de plus en plus souvent de ne pas travailler dans l'espace sRGB classique, mais en Adobe RGB. Sur un écran normal, vous ne percevriez pas le gain. Là, ces écrans sont capables d'afficher les nouvelles couleurs gagnées. Cela joue ensuite sur l'impression.

Vous avez remarqué toute une série d'espaces délimités dans les gamuts rapportés ci-dessus. Il y a le triangle noir, qui correspond à l'espace affichable des écrans testés. Il y a l'orange, de référence, le sRGB. Et il y a l'espace biscornu blanc, dit ISOCoated. C'est l'espace des imprimantes pro. Il déborde du sRGB. Le risque avec un écran classique, c'est par exemple de travailler une image prise en Adobe RVB, de la corriger sur un écran sRGB classique – et donc de toucher sans s'en rendre compte à des nuances en dehors de cet espace. À l'écran, on ne voit qu'un aplat qui ne bouge pas. Mais l'imprimante, si elle est effectivement calée sur l'ISOCoated, sortira un dégradé que vous ne voyiez pas, et qui peut être altéré. Les écrans wide gamut vous évitent de travailler en aveugle sur ces tons – extrêmes.

Néanmoins, les deux écrans sont capables d'afficher bien les couleurs - après une calibration. La sonde - posée au centre de la dalle - les annonce aussi fidèle l'un que l'autre après sa redéfinition de la table des couleurs. Mais sur les côtés, le rendu est-il stable ?


Dernier point intéressant, lié à cette question : nous avons deux types d'écrans wide gamut en compétition ici. Par ailleurs, nous avions testé il y a peu le Samsung SyncMaster XL20, premier écran LED du constructeur :


A-MVA 8 ms : Samsung SyncMaster XL20

Le Samsung va encore un peu plus loin que les écrans Acer et Dell, qui sont équipés pour leur backlight de tubes CCFL de nouvelle génération, et non d'une matrice de diodes. Cela réduit un peu leur espace – pas grave – mais cela joue aussi et surtout sur l'homogénéité de la luminosité à l'écran (voir page suivante).

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